Noms de domaine : DNS, liaison à un hébergement et reverse proxy
1) À quoi sert un nom de domaine
Une machine sur Internet est joignable par une adresse IP, du type
203.0.113.42. Personne ne retient ça. Le nom de domaine est
l'annuaire qui traduit mon-site.fr en adresse IP.
Cette traduction est assurée par le DNS. Quand un visiteur tape votre domaine, son navigateur interroge des serveurs DNS, obtient une adresse, puis s'y connecte. Votre zone DNS est la liste des réponses que vous publiez : c'est elle que vous modifiez depuis Mes domaines.
Conséquence utile : changer d'hébergeur ne change pas votre domaine. Vous modifiez l'adresse vers laquelle il pointe, et vos visiteurs ne voient rien.
2) Les enregistrements DNS, un par un
Une zone contient plusieurs types d'enregistrements, chacun répondant à une question différente. Voici ceux que vous utiliserez réellement.
| Type | Répond à | À utiliser quand |
|---|---|---|
| A | Quelle adresse IPv4 pour ce nom ? | Faire pointer votre domaine, ou un sous-domaine, vers un serveur. C'est le plus courant. |
| AAAA | Quelle adresse IPv6 ? | Même rôle que le A, pour les visiteurs en IPv6. Facultatif mais recommandé. |
| CNAME | Ce nom est un alias de quel autre nom ? | Pointer www vers votre domaine principal, sans dupliquer l'adresse IP à deux endroits. |
| MX | Quel serveur reçoit les courriels ? | Recevoir du mail à votre domaine. La priorité indique l'ordre d'essai : le plus petit nombre d'abord. |
| TXT | Texte libre associé au domaine. | Prouver que le domaine vous appartient, et publier SPF, DKIM, DMARC pour que vos mails ne partent pas en spam. |
| NS | Quels serveurs font autorité sur cette zone ? | Déléguer la gestion du domaine. À ne modifier qu'en connaissance de cause. |
| SRV | Sur quels hôte et port tourne un service ? | Serveurs de jeu, notamment Minecraft, pour jouer sans indiquer de port. |
| CAA | Quelles autorités peuvent émettre un certificat ? | Empêcher qu'une autre autorité délivre un certificat pour votre domaine. |
Le nom de l'enregistrement
Le champ Nom désigne la partie qui précède votre domaine.
@ représente le domaine lui-même (mon-site.fr),
www donne www.mon-site.fr, jeu donne
jeu.mon-site.fr. Vous pouvez créer autant de sous-domaines que vous voulez,
chacun pointant où bon vous semble.
Le TTL
Le TTL, en secondes, indique combien de temps les autres serveurs ont le droit de garder votre réponse en mémoire. Un TTL de 3600 signifie qu'une modification peut mettre jusqu'à une heure à être vue partout. Avant une migration prévue, abaissez-le à 300 quelques heures à l'avance : le basculement sera bien plus rapide.
3) Relier un domaine à une offre Friday
Depuis Mes services, chaque hébergement peut recevoir un nom de domaine. Deux situations.
Le domaine a été acheté chez Friday
Tout est automatique. Nous créons les enregistrements nécessaires, configurons le reverse proxy et obtenons le certificat HTTPS. Vous n'avez rien à saisir.
Le domaine vient d'ailleurs : deux façons de faire
Vous n'êtes jamais obligé de transférer un domaine acheté ailleurs pour l'utiliser chez nous. Deux approches, selon que vous préférez garder la main ou tout nous confier.
Option 1 — Vous gardez votre DNS actuel
Nous vous indiquons les enregistrements à créer chez votre registraire. Une fois ajoutés et propagés, la liaison se termine d'elle-même. Vous continuez de gérer votre zone là où elle est, et vous devrez y répercuter à la main les changements futurs (changement de port d'un serveur, nouveau sous-domaine…).
Option 2 — Vous déléguez votre DNS à Friday recommandé
Chez votre registraire, remplacez les serveurs DNS du domaine par les nôtres :
ns1.fridaydev.fr
ns2.fridaydev.fr
À partir de là, votre zone est gérée depuis votre espace Friday, même si le domaine reste acheté ailleurs. Vous récupérez tout : la liaison automatique à vos offres, l'option Proxy, le certificat HTTPS, et la mise à jour des enregistrements quand un de vos services change de port. Rien à ressaisir chez votre registraire ensuite — vous n'y gardez que la propriété du domaine et son renouvellement.
Avant de basculer : sauvegardez votre zone
Dès que les serveurs DNS changent, votre ancienne zone cesse d'être consultée. Tout ce qu'elle contenait et que vous n'avez pas recréé chez nous disparaît d'un coup : vos MX, et vos mails ne sont plus reçus ; vos SPF, DKIM et DMARC, et vos envois partent en spam ; vos enregistrements de vérification, et les services concernés vous considèrent comme non propriétaire du domaine.
Faites-le dans cet ordre, il n'y a alors aucune coupure :
- Exportez votre zone actuelle chez votre fournisseur. La plupart proposent un export au format BIND ou un « exporter les enregistrements ». À défaut, recopiez la liste dans un fichier texte.
- Importez-la chez nous depuis Mes domaines, section DNS, bouton d'import. Le format BIND et les exports Cloudflare ou OVH sont reconnus tels quels.
- Vérifiez la liste une fois importée, en particulier les MX et les TXT. Comparez-la à votre export.
- Puis seulement, changez les serveurs DNS chez votre registraire.
Abaissez le TTL de vos enregistrements à 300 secondes un jour avant l'opération : la bascule sera bien plus rapide, et un retour en arrière quasi immédiat en cas de besoin. La délégation elle-même peut prendre jusqu'à 24 h à se propager, contre quelques minutes pour un simple enregistrement.
Gardez votre fichier d'export après la migration. C'est votre filet de sécurité si un enregistrement manque à l'appel, et il vous servira tel quel si vous décidez un jour de repartir ailleurs.
Cas particulier : les serveurs de jeu
Un serveur Minecraft écoute rarement sur le port par défaut. Un enregistrement
SRV permet à vos joueurs de se connecter avec
jeu.mon-site.fr seul, sans ajouter :25566. Le port reste indiqué
dans l'enregistrement, mais le joueur ne le voit plus.
4) Le reverse proxy : ce qu'il fait vraiment
Sur un enregistrement A, l'option Proxy change ce qui est publié : c'est l'adresse de notre relais qui apparaît dans le DNS, à la place de celle de votre serveur. Les visiteurs se connectent au relais, qui transmet chez vous.
Ce que vous y gagnez
- Votre adresse disparaît du DNS. Qui interroge votre domaine obtient la nôtre.
- Le trafic traverse notre protection anti-DDoS L3/L4/L7, avec une capacité de mitigation allant jusqu'à 200 Tb/s.
- Le certificat HTTPS est géré par nous : obtenu et renouvelé automatiquement sur le relais. Rien à installer sur votre serveur. Vos visiteurs sont servis en HTTPS même si votre serveur ne fait que du HTTP.
Ce que ça ne fait pas
Le proxy retire votre adresse du DNS. Il ne la rend pas introuvable. Sans les deux précautions ci-dessous, il se contourne — et la protection anti-DDoS avec lui.
-
Refusez les connexions directes. C'est le point indispensable. Tant que
votre serveur accepte les ports 80 et 443 depuis n'importe où, il suffit de connaître son
adresse pour ignorer le relais. N'autorisez que la nôtre :
ufw allow from 151.240.100.238 to any port 80,443 proto tcp ufw deny 80 ufw deny 443 -
Vérifiez vos autres enregistrements. Un seul A non relayé
(
mail,ftp,direct,dev…) révèle votre serveur. Votre MX en particulier pointe presque toujours droit dessus.
Trois points complémentaires, souvent oubliés :
- L'historique reste public. Si votre domaine a déjà pointé vers cette adresse, des services d'archivage DNS l'ont enregistrée. Le relais protège l'avenir, pas le passé — seul un changement d'adresse serveur efface la trace.
- Les courriels sortants. Un message parti directement de votre serveur porte son adresse dans ses en-têtes. Passez par un relais SMTP.
-
Les pages d'erreur. Traces d'exécution,
phpinfo(), redirections absolues : elles affichent parfois le nom ou l'adresse de la machine.
Si votre serveur parle déjà HTTPS
Indiquez-le dans la liste déroulante à côté de l'option Proxy : la liaison entre le relais et votre serveur sera chiffrée elle aussi. Un certificat auto-signé convient parfaitement, il n'est jamais présenté à vos visiteurs — les deux connexions TLS sont indépendantes.
Un port non standard
Si votre serveur écoute ailleurs que sur 80 ou 443, indiquez le port dans le champ prévu. Vos visiteurs continuent d'arriver sur les ports standard : la traduction se fait chez nous.
5) Pourquoi il faut parfois attendre
Une modification DNS n'est pas instantanée. Les serveurs du monde entier gardent en mémoire la réponse précédente pendant la durée du TTL. Comptez de quelques minutes à quelques heures selon la valeur choisie.
Pendant ce délai, certains visiteurs voient déjà le nouveau serveur et d'autres encore l'ancien. C'est normal, et cela se résorbe seul. Vider le cache de votre navigateur n'y change rien : le cache concerné n'est pas chez vous.
Le certificat HTTPS d'un domaine relayé est émis une fois la propagation faite. Comptez environ une minute de plus.
6) Les erreurs les plus fréquentes
« Ce site est inaccessible » juste après un changement
Le plus souvent, la propagation n'est pas terminée. Vérifiez la valeur réellement publiée avant de conclure à une panne :
dig +short mon-site.fr
Une page d'erreur Friday s'affiche
Elle signifie que le relais fonctionne mais que votre serveur ne répond pas. Vérifiez qu'il est démarré, que le protocole et le port déclarés sont les bons, et que votre pare-feu accepte notre adresse. Une erreur de port produit exactement cette page.
Mes mails ne partent plus après avoir activé le proxy
Le proxy ne concerne que le web. Si vous avez modifié un enregistrement utilisé par la messagerie, rétablissez-le : le MX doit pointer vers votre serveur de courrier, pas vers le relais.
Le www fonctionne mais pas le domaine seul (ou l'inverse)
Ce sont deux noms distincts. Il faut un enregistrement pour @ et un pour
www — généralement un A pour le premier et un CNAME vers le premier pour le
second.
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